"ON A GRANDI...

AVEC LA FÊTE DES LUMIÈRES !"

Propos recueillis par Eva-Marie Françoise

Habitué de cet événement annuel, LNLO a répondu présent à huit éditions de la Fête des Lumières. Créativité, originalité et innovations sont les maîtres mots qui la définissent.

LNLO est une entité où le design et l’art électronique se rencontrent et deviennent complémentaires, l’un avec l’autre.  Derrière cette équipe se cache Laurent Brun et Helen Eastwood. Unisson (projection sur la cathédrale Saint-Jean) fait partie de l’une des consécrations de leur carrière en 2017. Cette année, la fine équipe s’est dotée de deux emplacements. La place Antonin-Poncet avec Wish Bowl et le théâtre des Célestins, avec Cells. Helen Eastwood nous ouvre les portes de leur univers.

Que vous apporte la Fête des Lumières dans votre travail ?

Helen Eastwood : Ce qu’il faut déjà savoir, c’est que tout ce que nous faisons n’est pas du cinéma d’animation, contrairement à tout ce qui se fait, tous les ans, pour d’autres artistes. On devient nos propres outils, nos propres couleurs, mouvements, lumières, etc. Il faut arriver à rassembler les spectateurs autour d’une même œuvre lors de cette fête devenue aujourd’hui populaire. Depuis notre première participation, on a forcément dû réorganiser notre façon de travailler. On a grandi avec la Fête des Lumières. Au fur et à mesure, la Ville nous a confié des projets de plus en plus importants. Cet événement n’est pas un laboratoire expérimental pour les artistes à proprement parler ; c’est une vitrine, un moyen de faire une première exposition de ce qu’on est capable de faire. 

Quelles sont les approches de l’innovation technologique dans vos œuvres ?

Helen Eastwood : Laurent développe chaque année de nouveaux logiciels de création, de programmation et c’est bien. Il a plus de facilité à ce niveau car il a fait des études dans l’électronique, et tout ce qui touche à la conception graphique sur ordinateur. Pour notre vidéoprojection de cette année, nous n’avons pas créé 5 minutes d’animation basique, on a fait un programme qui va générer des animations originales et uniques. Si on dit à une intelligence artificielle de créer un personnage, elle le crée. Et ce, en temps réel, pour que, par la suite, on puisse appuyer sur le bouton “play“ de notre console au moment voulu lors de la prestation. C’est en ce sens que l’on a fait passer plusieurs animations aux logiciels, qui font ensuite correspondre les formes, les couleurs adéquates pour donner vie à nos idées. C’est la clef même du concept que l’on veut développer. On crée des logiciels qui marchent, on ne veut pas aller dans du classique. On a le savoir et les techniques nécessaires. C’est à nous de développer les outils propres à notre image, nos idées. C’est différent de ce que l’on a produit pour Unisson, faite sur la cathédrale Saint-Jean. Cette année, on va tout donner pour nos deux lieux d’exposition. 

Comment est née l’œuvre Unisson ? Qu’est-ce que qui a été développé autour de ce projet ?

Helen Eastwood : Pour nous, la cathédrale Saint-Jean était un challenge. Nous avons dans un premier temps analysé la bâtisse car il faut connaître par cœur chaque recoin de l’endroit avant de pouvoir s’en servir. L’éclairage traditionnel a été conservé par ailleurs pour se confondre dans le paysage, avec nos ajouts de vidéoprojecteurs sur l’édifice. Puis, j’ai redessiné la façade et ses détails sur ma tablette graphique. J’ai découpé chaque partie du dessin une fois terminé. Laurent a cherché des images vectorielles à l’aide de ses programmes pour pouvoir faire bouger tout ça. Ainsi, chaque petit bout de la façade pouvait se transformer, grandir, diminuer, grâce à nos outils informatiques. Et tout ça pour créer une réalité plus colorée, plus en mouvement. Ce logiciel a été spécialement conçu pour l’occasion, donc c’est une grande nouveauté. Déconstruire puis reconstruire la cathédrale : telle était l’image que l’on avait en tête au moment de la création. Il faut toujours partir de l’existant pour transformer. Pour nous, cet endroit avait une histoire à raconter. Cette œuvre a finalement rassemblé, quelle que soit la personnalité de tout un chacun, au-delà du symbole qu’est la cathédrale. Pour l’habiller, on a fait appel à un autre prestataire qui a inventé la bande son. Ainsi, on avait un mouvement graphique sur la pierre de la cathédrale pour un son et une couleur. C’est finalement une collaboration à l’unisson. 

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